Rachid Hamoudi, « Les palmiers du Djurdjura.»

« Le passé est trituré car il devient un argument pour façonner le présent que l’on veut »
(Mouloud Mammeri)

On a trop reproché au FLN et surtout aux ulémas, et non sans quelque raison, d’avoir défini l’identité nationale en sacrifiant la vérité historique. Qui est vraiment protégé contre cette tentation que nourrit l’idéologie ?

Posons la question de manière abrupte. La société kabyle était elle laïque, permettait elle la coexistence de plusieurs croyances ? L’expression « jma liman » traduite faussement par « au nom de toutes les croyances » était familière chez des personnes qui s’empressaient souvent de « maudire » le juif et de « dénigrer » le chrétien.
Cette attitude peut s’expliquer dans le contexte colonial ou la francisation, surtout au XIX siècle cachait l’évangélisation. Chez beaucoup d émigrés de la première génération qui vivait l’exil, non comme délivrance mais perdition, elle était une sorte de bouclier de protection. Même s’ils prenaient par ailleurs des libertés avec le dogme religieux .

On peut refuser et combattre un islam violent et peu respectueux de coutumes locales qu’il n’avait pas éradiquées des siècles durant la ou il s’est implanté.

Le siècle est aussi celui la prééminence du citoyen sur le croyant qui peut choisir sa religion. Mais doit-on travestir le sens des expressions et s’inventer un passé de bric et de broc ? Ou l’effacer comme Messali qui, à la fin des années 40, crut pourvoir rayer de l’histoire de l’Algérie Jugurtha et Massinissa. La démarche est différente mais le résultat est le même.

Il suffit de relire la poésie kabyle, d’écouter le corpus des chants religieux ou même profanes pour se rendre compte que la société Kabyle était profondément musulmane, même si la religion n’étouffait pas toutes les expressions culturelles, voire cultuelles enracinées dans l’humus berbère.

Les familles chrétiennes, comme l’écrit Fadhma Ath Mansour dans « histoire de ma vie » se sentaient presque étrangères pour ne pas dire exclues.
L’attribution des prénoms (Achour, Belaid , Ramdhan….) renvoyait à des fêtes musulmanes et rien d’autre. Paul, Etienne, Issaac étaient aussi rares que des palmiers sur les cimes du Djurdjura.

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