AZAZGA : Ait Bouadda réclame sa part du développement.

Le village Ait Bouadda, relevant de la commune d'Azazga, connait ces dernières semaines un mouvement de protestation pour se faire entendre. Après plusieurs réunions des villageois, des actions sont menées afin de porter leurs doléances aux pouvoirs publics qu'ils jugent faire jusque-là la sourde-oreille.

Si le manque d'eau a été le point déclencheur de cette mobilisation citoyenne, le village ne s'est pas limité à la réclamation de cette ressource vitale. En effet, les réunions successives des représentants du village ont abouti à la formulation d'une feuille de route pour préparer une plateforme de revendications destinée à interpeler les autorités locales. En priorité, et en cette période de grande chaleur, ils ont accentué leur inquiétudes particulièrement sur le manque récurent d'eau et l'insuffisance du réseau d'assainissement qui peine à satisfaire entièrement le village en termes de rejet des eaux usées, en raison de sa vétusté ou son insuffisance, chose qui met en danger certain la vie des citoyens.

Les protestataires, pour afficher leur colère, ont déjà procédé à la fermeture du siège de l’APC d’Azazga et de l’agence locale de l’ADE pour protester contre la pénurie d’eau qui sévit dans leur localité depuis plusieurs semaines. Une situation cauchemardesque qui hante le quotidien des villageois qui se sentent ainsi lésés et marginalisés. "Chaque été, le village connait d'énormes désagréments à cause du manque d'eau. Cette fois-ci, nous nous sommes descendus sur la ville pour fermer directement l'ADE et le siège de la subdivision des ressources en eau", s'indigne un jeune manifestant.

Des slogans qui résument toute cette colère populaire sont même collés aux murs. "Il est nécessaire d'afficher nos revendications et les plaquer sur les murs pour qu'on l'opinion publique soit au courant et comprenne le fondement de notre réaction", affirme un jeune du village. En effet, des pancartes sont placardées sur le portail de la subdivision des ressources en eau où on peut lire : "On demande la répartition équitable de l'eau", "Ait Bouadda a soif", "On demande notre droit légitime", "On en a marre de la male gérance".

Un sentiment de marginalisation

Par ailleurs, d'autres préoccupations, et non des moindres, sont aussi mises en exergues. Entre autres, les infrastructures destinées à recevoir la frange juvénile sont quasiment inexistantes. Les jeunes déplorent l'absence d'un stade digne de ce nom et demandent l'aménagement de la route qui le desserve qui se trouve dans un état lamentable.

La construction d'un foyer de jeunes qui tarde toujours à voir le jour est aussi inscrite dans la liste des revendications qui, d'après l'un des habitants, Ait Bouadda est le seul village de la commune qui n'a pas encore bénéficié de cet équipement ô combien important pour la structuration et l'accompagnement du tissu associatif.

Côté sanitaire, le dispensaire, lorsqu'il est fonctionnel, se limite juste à satisfaire les premiers soins ; quant aux consultations spécialisées, les patients sont contraints de se déplacer en ville pour se les procurer. Il est question aussi de de l'extension du réseau électrique, de l'achèvement du projet de la fibre optique et de l'ouverture de pistes agricoles. Étant l'un des plus grands village de la localité, Ait Bouadda mérite enfin, selon ses habitants, de se doter d'une annexe administrative digne de ce nom pour remplir sa mission convenablement.

Cette situation d'indignation et de désarroi est causée, selon les protestataires, par l’exclusion, le dénuement, le clientélisme et l’iniquité sociale dont ils seraient victimes en dépit de leurs nombreux appels, demandes et requêtes envoyés à qui de droit depuis des années, en vain. "Nous avons décidé de fermer l'APC vu que la plupart des projets sortent de là, et la daïra par rapport aux fausses promesses du chef de daïra. Nous avons réussi à avoir un rendez-vous avec le wali et les représentants des différentes directions.

On exige des sorties sur le terrain de la part des services concernés et des échéances pour chaque revendication, sinon on va maintenir la fermeture des deux établissements jusqu'à ce que nous serons entendu et qu'ils agissent enfin", nous dira l'un des représentants du mouvement.

Situé à une cinquantaine de kilomètres à l'est du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, le village Aït Bouadda rencontre en effet beaucoup de problèmes et enregistre un manque cruel en commodité de vie digne du 21éme siècle.

Les villageois reviennent ainsi à la charge après les multiples actions organisées depuis une dizaine de jours pour les mêmes revendications qui avaient été soumises aux autorités compétentes et qui attendent toujours leur satisfaction de la part des responsables.

Ils comptent maintenir cette pression jusqu'à la prise en charge de leurs réclamations et bénéficier ainsi de leur part du développement.

                                          Hamza Sahoui

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