Du flux poétique au reflux philosophique !

Par-delà l’empire du Mal, par-delà le mutisme des bois, par-delà vague de spleen, par-delà grisaille aveuglante, disgrâce dégoulinante, mille souffles coupés ,le « Moi »,lui, se trouve seul à languir de sa mêlée délirante et fébrile. N’y aurait-il , donc ,nul moyen de sauver sa peau ?

Saurait-il trouver son salut au milieu du charivari des plus dissonants, sinon autrement chaotiques? Loin s’en faut … Mieux vaut, dira-t-on, un art qui console de l’absurdité mystérieuse qui grisolle ! Fruit d’une plume fuyant l’ombre afin d’éclairer chemins et lanternes, « Toutes les Lumières », est, bel et bien, le fabuleux recueil de poésie du poète algérien à l’ère contemporaine : Sid Ali Guedouah.

Titulaire d’une licence en langue française à l’université de Mouloud Mammeri, enseignant-chercheur en sciences du langage, maître conférence au sein de l’ENS de Laghouat, voilà, donc, une carrière en dents de scie qu’a connue notre érudit linguiste ,brillant « visionnaire » et poète, issu de la wilaya de Tizi-Ouzou, Sid Ali Guedouah, dont la passion viscérale à l’égard de la littérature finit par se cristalliser en une merveilleuse mosaïque poétique.

Croyant en la puissance suprême du verbe, Sid Ali Guedouah, au petit feu de sa douce plume, conçoit l’acte d’écriture comme étant un rendez-vous d’évasion salvatrice; sinon une manière d’élargir les horizons inaccessibles aux communs des mortels.

En effet, dans la panoplie de ses poèmes, notre poète invite le lectorat à goûter la sève de ses réflexions à la justesse frappante et à, notamment, se rendre compte de la véritable quintessence d’ici-bas. Tel un jet de lumière intense qui fuse, sa poésie, elle, se veut une fresque de beautés sublimes, à grâce inouïe; et, laquelle, bien entendu, ne tarde point à s’embrasser dans sa totalité.

En dépit de la large gamme des langues que ce dernier maîtrise, il faisait le délicat choix d’adopter, volontiers, la langue de Molière non pas exclusivement pour en faire le vecteur de sa philosophie de la vie mais, également, en vue, soulignons-le, de bâtir des ponts vers l’ « Autre » et entrer en résonnance avec lui.

Apôtre de l’Humanisme pur et dur et de l’esprit universel, « Toutes les Lumières » se veut, avouons-le, une plongée dans un univers poétique sain cherchant, sans cesse; vérités, on ne peut plus, primordiales, voire, dirions-nous, cruciales et tordant le cou, en revanche, aux tartuferies outrancières, aux aberrations des ignares, à la crasse ignorance des vantards pétris d’orgueil satanique, aux foutaises accablant, sans merci ,silhouettes écervelées, aux consciences endormies, aux idées reçues tenant, il y a belle lurette, le cheptel humain en
hypnose ,aux menteries, sottises, et diablerie lesquelles sont à l’origine de l’aveuglante schizophrénie dont sont victimes les humains en silence.

Fait incontestable : au fur et à mesure que l’on plonge de plain-pied au fin fond de l’aquarium poétique, l’on se voit, tour à tour, littéralement déboussolé dans le dédale d’algorithmes, des bribes de logique matheuse, et d’une kyrielle de paradoxes en suspens suggérant, eux, à l’optimal, la raison d’être du cosmos ou, mieux encore, la condition de la nature humaine.


« Ma poésie est un parfum d’Orient, d’une plastique de métal brillant, écrite certes en français bruyant mais disant le monde tant fuyant […] », nous a-t-il confié Sid Ali Guedouah..

Evidemment, si belle, si rebelle, siinsaisissable, si indomptable, la poésie dont il est question, à ce titre, ne saurait, à coup sûr, se réduire à la platitude simpliste du dire .Fuyant les sentiers battus rien que pour se convertir à la « singularité », elle s’envole, toute vierge, au firmament de
l’inconditionnel et de l’absolu.

Marqués du sceau de délicatesse et de rudesse sans égale, les poèmes dudit florilège poétique s’annoncent, dans une langue éminemment acérée; et, à ton magistral, en termes crus, tantôt mystérieux voire énigmatiques.

Excellant à tisser avec tant de finesse les ficelles des vers (le plus souvent alexandrins), tout en étant, à leur tour, savamment cadencés, et à en ciseler méticuleusement, les rimes à musicalité tonifiante : en voilà, de la sorte, le noyau dur d’un savoir-faire de versification, pur apanage de notre poète chevronné.

Les quelques vers suivants, en
témoignent tant :

Dans ce chef- d’œuvre littéraire, reposant sur un solide substrat aux résonances tout autant mythiques, symboliques, philosophiques, que scientifiques,…,se tapit une inépuisable source de morale, d’éthique, et de moult maximes imparables. Sur ce, on y voit, pour de bon, un antidote contre les malignes tumeurs rongeant de plein fouet une Humanité en perdition, une symphonie chantant les supplices d’une vie de caillasse en démolition, une soupape de sûreté des esprits déverrouillés, hallucinés en pleine illusion, le fil d’Ariane des générations montantes en gestation.

Somme toute, une poésie mirifique à bien d’égards : encore faut-il s’y infiltrer pour s’y reconnaître et n’en sortir que amplement frappé de pléthore de vibrations significatives jaillissantes d’un bout à l’autre et, ajoute-t-on, ébloui derechef des brins de bon sens, de la lucidité d’esprit et de sensibilité à fleur de peau qui flottent en filigrane.

Faisons-en une devise ! Invitons-la, de bon cœur, en ami à notre table de chevet !car, sauf erreur de notre part, à en à lire, à en relire, à la mâcher, et à la remâcher ne sera, sans l’ombre d’un doute, que pur délice et plaisir !

Tout compte fait, n’est-il donc pas grand temps que cette « bohémienne » loge à jamais dans nos manuels de lecture scolaires ? Qu’elle prenne la
relève d’une vieille tradition, faisant jusqu’alors recette, d’un certain prénommé Jean De La Fontaine ?

Ou comme le visiteur inconnu d’un musée d’art Exposant des tableaux, des sculptures, idées fars Le visiteur ébahi devant une grande toile si rare Etourdi, ces belles couleurs ayant du mal à croire Que cet objet muet parle si bien de lui tel miroir L’homme se retrouve en effet dans l’art; ce tiroir de la beauté des passés, du présent,
de l’histoire

Il n’eut d’autre choix que de larmoyer de l’espoir Que lui céda cette œuvre plaisir qui se laissa voir de se dire que c’est comme une eau seine à boire Faite de dires passionnés d’un poète telle moire.
[…] Sid Ali Guedouah

                                        Ilhem Saouchi

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