Akli Azem, Un jeune chanteur talentueux à découvrir.

Dans cet entretien, la nouvelle icône de la chanson kabyle, le chanteur Akli Azem, natif du village Talaguehia, de la commune d'Ait Aissa Mimoun, l'artiste a un seul Album sur le marché, il est enregistré en 2017 au studio « Arpège », intitulé, « Lemqsud iw Mazalith », le jeune chanteur, a choisi, pour diversifier ses textes, il a chanté sur l'amour, l'exil, et autres problèmes de la société.

L'artiste nous parle de sa carrière artistique comme il nous a confié aussi que son deuxième album est en phase de finalisation, et il prospecte un studio pour l'enregistrer.

Le jeune observateur, Pouvez-vous nous parler de vos débuts dans la chanson ?

Akli Azem,  J'ai entamé ma carrière dans la production artistique, durant les années 1990, j'ai acheté ma première mandole quand j'étais collégien au CEM, je me souviens très bien ma mère m'a donné 600 Da pour acheter un pantalon, et comme j'ai vu une mandole dans un magasin à la ville de Tizi-Ouzou, et tellement m'a plu j'ai préféré de l'acheter en sacrifiant le pantalon.

Par la suite j'ai monté sur scène juste après quelques années, c'était à la maison de jeune de notre commune, D'ait Aissa Mimoun, j'ai animé plusieurs fêtes de mariage et des Galas et j'ai chanté même hors wilaya.

Mon style est inspiré beaucoup plus du folklore sentimental Kabyle. Je tiens à vous avouer qu’au début de ma carrière, je me suis beaucoup plus mis à une phase d’apprentissage comme tous les nouveaux chanteurs.

Je me suis intéressé à la chanson dès mon jeune âge. Etant enfant, j’étais, d’ailleurs un admirateur de la radio. Cela m’a grandement permis de m’imprégner davantage des notions de la musique et du texte pour en faire des chansons et des airs. Je veux aussi vous dire que je suis influencé par le travail des artistes comme Karim Khelfaoui, Ali Ferhati, Moh Oubelaid et bien d’autres qui ont bercé mon enfance.

Le jeune observateur, Votre premier album est sorti en 2017. Pouvez-vous nous parler davantage sur ce travail, particulièrement en matière de thématique, de textes et des arrangements musicaux ?

Akli Azem, Oui effectivement, mon premier album et j'espère pas qu'il ne sera pas le dernier. L’album en question, était le fruit d’un long travail de réflexion et d’arrangement. Il est composé de 08 chansons. Pour les titres et les sujets, j’ai essayé de diversifier les styles et les sujets, dans l’espoir de satisfaire une grande partie du public; j’espère d’ailleurs qu’il va plaire aux gens et je leur laisse l’appréciation.

J’ai traité de plusieurs thèmes, mais ils sont principalement basés sur un sujet principal qui est l’amour, dans toutes ses sortes, à l'instar des chansons de Atin Iyougin, Tasskourt, Ayizriw. À cette occasion je tiens à rendre hommage à tous ceux qui m'ont aidé de près ou de loin, notamment je remercie Youcef Telfouche, Chabane Rezkaoui, et sans oublier Mouh Djarroud. D'ailleurs j'ai fréquenté nos autistes locaux à l'instar de Moh Oublaid, Ali Ferhati et Rahim paix à son àme , karim Khelfaoui avec qui j'ai chanté à plusieurs occasions.

Je m’inspire de l’amour, même quand j’aborde d’autres thèmes. A mes débuts dans la chanson, je ne me suis pas dit que je vais m’investir dans le sentimental, je m’y suis retrouvé spontanément. Je chante les sentiments. Et comme je peux chanter le Chaâbi, Charki.

J’ai essayé de transmettre un message d’amour, et pour rendre l'espoir pour les jeunes et aussi à notre communauté pour nos parents; chacun aura son amour dans cet album. Ensuite, j’ai traité des chansons sociales.

Dans d’autres titres, j’ai essayé de véhiculer mes rêves et mes souhaits. Ceux d’une vie meilleure, sans haine, sans racisme et avec beaucoup de solidarité. Comme les chansons Leaich s Ussirem, Ussan iw, lemqsud iw Mazalith, Attir Uchevih n Arrich.
D'ailleurs, dans le même album je n'ai pas oublié de rendre un vibrant hommage pour notre parolier de Ali Ferhati, je lui rends hommage dans la chanson Attir uchevih n Arrich.

Je pense aussi que la chanson peut apporter sa contribution pour l’amélioration de nos relations et de notre vécu.

Le jeune observateur, Comment justement choisissez-vous les thèmes de vos chansons ?

Akli Azem, Dans ce registre, c’est l’inspiration du moment qui me l’impose. Généralement, je traite des sujets qui ont trait à la vie quotidienne de nos jeunes. Je chante l’amour sous tous ses aspects, la séparation, la joie de se retrouver à deux, mais également les problèmes sociaux.

Le jeune observateur, Beaucoup de nostalgie et de regrets, et tristesse dans vos chansons, pourquoi ?

Akli Azem,  Oui, comme je vous l’ai dit, en général mes chansons sont faites à partir d’expériences personnelles. Des souvenirs et un vécu qui m’a marqué. Aujourd’hui et au fil des années, je vous avoue que je ne pourrais produire une chanson qui ne m’a pas touché. Désfois, je pourrais véhiculer d’autres expériences, d’amis proches ou de ma famille, mais j’apporterais toujours ma petite touche personnelle, en me mettant à la place de ceux qui ont vécu ces expériences. De toute façon, toute personne, particulièrement dans le contexte social actuel, a une scène à regretter. Ce sont ces scènes justement qui marquent et forgent les personnalités des individus.

Le jeune observateur, Pouvez-vous nous parler des contraintes que rencontrent les artistes aujourd’hui ? 

Akli Azem, Il y a une régression terrible dans la production artistique, et ce, faute de moyens bien sûr. Les chanteurs sont toujours là mais il n’y a plus de subventions, il n’y a plus de prise en charge effective. On ne peut pas produire des chansons sans l'argent, et sans avoir des moyens, mais, une chose est sûre, je n’arrêterais jamais mes efforts et mes sacrifices pour aller de l’avant.

Le jeune observateur,  Quels sont vos projets ?

Akli Azem, En plus du nouvel album que j’espère qu’il soit à la hauteur des attentes du grand public, j’ai un autre album en chantier. Je viens de finaliser la composition des chansons et ses mélodies, juste après cette crise sanitaire Covid-19, je vais l'enregistrer, car je préfère prendre tout le temps nécessaire pour son perfectionnement.

Le jeune observateur, En tant qu’artiste Kabyle, quelle appréciation faites-vous sur l’état de la chanson kabyle actuellement ?

Akli Azem, La chanson progresse bien et elle avance, je pense que l’essor de développement et de progression qu’elle connaît actuellement, contribuera certainement à son rayonnement et son perfectionnement. La chanson de chez-nous a une histoire et un patrimoine non-négligeable, deux éléments clés qui vont lui permettre de s’inscrire dans la continuité et dans le registre de l’humanité.

Aujourd’hui et malgré la multiplication des contraintes et des obstacles, la chanson kabyle résiste bien, ou plutôt elle avance bien. Il faut dire aussi que nous avons un public très connaisseur qui aime la diversité et l’amélioration de la qualité.

Souvent, beaucoup de chanteurs, particulièrement nous les chanteurs de la nouvelle génération, on reçoit des critiques très sévères et subjectives. Moi même si je favorise la critique, je milite pour que celle-ci soit objective et constructive, d’une manière à aider les artistes à progresser.

Le jeune observateur, Un mot pour conclure…

Akli Azem, Pour conclure, je tiens en premier lieu à vous remercier au même titre que toute l’équipe du jeune observateur, pour cet entretien. Je salue pour l’occasion mon public et tous ceux qui m’admirent. Mes ambitions ne s'arrêtent pas là puisqu je rêve toujours d'embrasser une carrière substantielle dans le domaine de la musique. Et J’espère que ce nouvel album soit à la hauteur de leurs attentes.

Entretien réalisé par: Djaffar Chenane 

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