El Yazid Kessi, « les dirigeants actuels ont oublié le schéma constructif du FFS »

« Je refuse de porter une carte signée par un non FFS » était la célèbre déclaration de El Yazid Kessi, en 2006, militant de longue date, avec une mémoire intacte, il répond aux questions sur le vieux parti de l’opposition, qui se trouve en situation difficile, une guerre clanique, qui fait mal aux anciens militants du FFS, malgré qu’ils sont marginalisés par la direction actuelle, mais la crise au niveau du parti les a fait réagir.

Le jeune observateur, Le FFS un parti né entre l’euphorie de l’indépendance, et la tristesse suite à une nouvelle dictature qui s’installe, en période de clandestinité, jusqu’à 1989, pouvez-vous parler ce que signifie le front des forces socialistes, durant ces années ?

El Yazid Kessi, En cette période, le FFS était de l'espoir pour toute l'Algérie. Un de mes oncles était au maquis du FFS armé, ma mère ne cessait de les évoquer lui et ses compagnons. C'était la même histoire partout, le pouvoir de Benbella a essayé de dévier le combat d'Ait Ahmed, Mohand u Lhadj et Si lHafiḍ en utilisant le discrédit tantôt en voleurs tantôt en autres énormités. Ils ont failli réussir puisque les villageois n'étaient pas au courant de la cause et des faits. D'ailleurs en 65, on ne nous a pas fait entendre des pourparlers qui ont eu lieu et signés le 16 juin qui, après 3 jours, génèrent le coup d'état orchestré par Boumediene.

La politique est confinée en ville, les paysans ont été coupés de toutes communications. Après cette période,une grande partie des militants de l'opposition ont été formés par Ali Mecili et d'autres.Ce qui confirme le rôle tenu par ce parti dans la prise de conscience politique.

Boumediene surveillait la Kabylie comme du lait sur le feu, il a interdit de parler et de penser mais il empêchait aussi les rêves. Cette chape de plomb qu'il exerçait a uni et soudé les militants de l'intérieur et ceux de l'extérieur par une entente sans faille.

Ben Bella lorgne et a l'esprit du côté de la Kabylie à faire courber et le coeur au caire chez son parrain Nasser.

Un exemple pour confirmer mes dires: si les militants du printemps 80 se mettait un jour d'accord, pas uniquement les 24 détenus, ça ne sera pas uniquement la Kabylie qui se porterait mieux. En résumé tout le monde s'est mis sous le burnous Ffs qui couvait le mouvement berbère...


LOJ, Après l’ouverture démocratique, et les déférentes élections, où le FFS a participé, des séquences qui livrent d’autres images sur le FFS, notamment après sa perte du son leader historique, comment pouvez-vous expliquer le recul du vieux parti de l’opposition de la scène
politique nationale ?

El Yazid Kessi, En ces moments-là, le ffs s'était connaître par ses positions très expliquées par des dirigeants très compétents, une base obéissante, dévouée et souvent consultée.

Ait Ahmed a mis fin à toutes les légitimités qui pouvaient empiéter sur le bon air qui règnait . Il y avait la sagesse et la raison qui y trônait.

Le péché capital n'était pas l'arrêt du processus électoral des lécislatives à lui seul mais c'est surtout l'agrément du FIS qui a raflé la mise des APC en 90, qu'on accepte au concours apn de 91 et qu'an arrête au 1er tour... . Certes personne n'est devin pour ce qui pourra advenir si le second tour avait lieu mais nous avons vu et su les hécatombes de la décennie sanglante.

En ces temps-là, le ffs actionnait selon un programme établi par ses spécialistes en essaim de renommée, capables de gérer et régir un pays à l'exemple de Lahlou, Achab, Benchikh, Daoud ou Mahiou pour ne citer que ceux là. Pourtant l'état a d'emblée affiché son dédain en opposant aux parti leur dénomination en ACP voire association à caractère politique !

Depuis, il n' y a plus de programme. C'était la canne blanche qui tatonnait sur le balisage, point de spécialistes et jamais de formation. Et voici la vendetta des chefs qui à défaut de créer du dynamisme ont excellé dans le dynamitage.

A chaque gare, on éjecte de bons militants. Et voilà des élus qui ne sont d'aucun front, n'ont aucune force et n'ont jamais été socialistes qui répondent de profil. Le jour où les garnisons démocratiques ont occupé des chaises à l'apn et au sénat, ils ont fait pire que le fln qu'ils ont combattu aprement dans la clandestiné. Certains Bokassa ne payaient même pas leur cotisations dues au ffs. Comment ont-ils pu contourner les haies et les obstacles pour arriver là sans savoir ni avoirs politiques si ce n'est par coulisses tartufferies? Sapristi !

Les dirigeants actuels ont égaré le schéma constructif et hiérarchique du FFS. Jadis, le village ou le quartier étaient les cellules originales, leurs élus constituent les sections communales qui, de leurs élus aussi forment les fédérations qui à leur tour génèrent le conseil national d'où étaient extraits sous suffrage l'exécutif national qui sera le choix du président plébiscité. En dehors de ce parcours à
arpenter et slalomer, rien n'accrédite et n'est licite. Tout ça s'est évaporé. Seul le militant a gardé sa conformité aux statuts, les autres sont des hors-la-loi. Illégales et illégaux. Venus par, d'où, comment, pourquoi? We don't know.

On a connu des élus aux instances du parti prolonger leur mandat de plusieurs échéances, d'autres qui ont ramené toute la smala à élire sur des listes "de quotas" rémunérables à souhait. Dar xali mouh, du far west.

Vous voyez, ils ont reconstitué leur parti sans le militant qui est inadmis à l'apc ni apw qui sont devenues des wall-strett de toutes les estimations... une voiture sans carburant ne peut rouler, un militant sans infos est mis en panne. Il est renié.

Les responsables s"autoproclament...

La solution présidium est normalement salvatrice car elle est un modèle impeccable de gestion collégiale. Mais ce n'était nullement pour nous. La fraternité n'y vivote plus. Ce presidium a produit

Une lutte chromosomique à qui féconderait seul l'ovule ffs. Et ce présidium d'incongruités est devenu un synonyme de faillite politique. 

En l'absence de Hocine Ait Ahmed, le parti est devenu une arène où se déroulent les combats sans arbitres. Plus de place ni souvenir pour un sympathisant, un militant et un dirigeant dévoués.

Ait Ahmed, très diminué physiquement, ne reçoit plus de vérité. On ne sait qui décide parmi les quintuplés des ip... on essuie tous les couteaux sur le dos de si lHocine. Le parti fait toutes les mues décidées par les usufructuaires actuels. Ils ne parlent pas, puis mentent et finissent par s'aligner cahin-caha à l'adversaire d'hier. Salima Ghezali qui écrivit des doléances aux décideurs a été verbalisée et écartée. On observa l'omerta et le silence radio devant toutes les arrestations: ni communiqué ni déclaration, ce qui vire vers des doutes et des deals passés et infiltrations. Motus et bouche cousue lorsque sur une chaîne tv supposée Kabyle, on décapita Ait Ahmed en épisodes où on ne récitait sur sa personne que de l'opprobre avec orgie qu'aucun dirigeant n'a osé défendre.

Nos frères Fexxar et Tabbou ont été nos braves militants. Leur drame est passé sous silence au siège national. On s'occupait de rixes et guéguerres et on oibliait les droits wes hommes chers à da Lho au point d'en faire sa thèse de doctorat. Il ne restait donc plus de militance si ce n'est un semblant ou supposée opposition oppositionniste quêtant l'oseille, la responsabilité à dividendes, la personnalité, la destruction du parti dt lds postes à pourvoir.

LJO, un congrès extraordinaire est programmé, pour élire une nouvelle instance présidentielle, qui a comme rôle préparer le prochain congrès, quelles solutions suggérées par vous comme une nouvelle chance afin de sortir de cette crise qui secoue le parti ?

El Yazid Kessi, La situation est entre le marteau et l'enclume. Le congrès extraordinaire ne résoudra rien. Au contraire, il tracera encore de nouveaux sillons. Le
faire est illégal disent certains. Ne pas le faire serait un risque de déperdition disent les autres.

Le hic n'est l'un ni l'autre. Il est dans le manque de confiance des uns aux autres, se connaissant bien-sûr. Si une troisième voix et voie n'intervient pas, la nécrose sera amplifiée.

Elle le sera car le rappel des anciens n'est pas souhaitée par les aventuriers qui ont peur pour leur déclassement.
Doncmon avis est de prendre le bâton au milieu en optant pour une commission ad-hoc nationale aidée par les fédérations. Elle aura la tache temporelle, dissoute après la fin de sa mission qui consiste à réorganiser l'organigramme du parti de bas en haut en élisant de la cellule au national des instances légales.

Il faut être élu à la base sinon on n'est admis à rien. La vraie hiérarchie saine est selon ce parcours. On ne peut être au sommet si nous ne venons d'en bas. Sans cet aval c'est la dictature qui s'amène.Pardi...!

Laskri, ses acolytes de l'ip et ses adversaires sont normalement disqualifiés. Regardez! Les militants activent dans les protestations des étudiants et des vendredi. Ils font 

l'exceptionnel et sont actifs. On ne le leur a pas permis dans le parti. Les prétendus dirigeants et responsables ont utilisé les violences verbale et physique contre des militants en les expédiant at home. On a refusé de recevoir les hommes de 63. Ceftains y ont été passés à tabac. C'est mauvais et grave à la fois.

L'autre chose indigeste est ce pourquoi évite t-on les anciens à l'exemple de Salav Djafar, Said khelil, Mustapha Boudjema, Djamal Zenati, Madjour Said, Hamdani said, Stiet, Hallet, M. Bouhadef, kerboua pour ne citer que ceux là et toute la maestria sans oublier les étudiants formés par l'association universitaire Ali Mecili.

Entretien réalisé par Djaffar Ouigra 

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