Omar Tarmelit, « Comment le pouvoir de fait travaille d’arche pieds à neutraliser le Hirak avant le déconfinement. Tous les moyens de l’Etat sont mobilisés non pas contre Covid 19 mai contre le Hirak 19.»

Comment le pouvoir de fait travaille d’arche pieds à neutraliser le Hirak avant le déconfinement. Tous les moyens de l’Etat sont mobilisés non pas contre Covid 19 mai contre le Hirak 19.

Le pouvoir met les bouchées doubles afin de mettre fin au Hirak ou du moins l’affaiblir après le déconfinement. Plusieurs indices concordent à dire qu’il y a une véritable opération bien charpentée visant le Hirak. En mettant en connexions ces éléments, force est de constater qu’ils vont tous dans le même sens, et de ce fait il y a matière à se dire qu’il y a une véritable stratégie bien confinée des services pour venir à bout du Hirak.

Après le verrou pénal de Zaghmati visant à tuer le Hirak sur internet et les réseaux sociaux afin de réhabiliter Teboune, c’est autour de la presse de subir le verrou répressif à travers une campagne d'intimidation et de chantage. Ainsi Al Manchar qui a résisté à la décennie noire a capitulé, El Watan et bien d'autres journaux ont fini par être aliénés et ne publient presqu’aucun article critiquant les généraux ou leur désigné Teboune.

L'objectif bien évidemment est zéro critique sur l'action de Teboune sinon sur sa légitimité. Il faut tout faire pour neutraliser les critiques et asseoir la présidence de Teboune en lui inventant une image recousue et bien liftée. Pour ce fait, ce qui l’ont posé contre la volonté du peuple en organisant un simulacre électoral à savoir les généraux, travaillent à lui inventer une image d’un président en intimant aux journaux de cesser de remuer son passé d’Escobar. Le temps est à la collaboration pour éteindre l’incendie du Hirak.

A ce verrou répressif et coercitif le pouvoir investit aussi dans pédagogie et la désinformation. Il associe ainsi à la matraque la rhétorique. C’est d’ailleurs dans cette perspective que s’inscrit l'entrée à présent en valse de certains intellectuels et universitaires du système. Ces derniers s’étant fâchés uniquement avec le régime de Bouteflika pour n’avoir pas été gratifiés des largesses de cette ère de dilapidation des deniers publics à grande échelle ou pour avoir été marginalisés n’ont jamais rompu leurs cordons ombilicaux avec l’idéologie du système.

Ils sont ainsi rappelés par le BIG Father à l'œuvre afin de dégainer de manière pédagogique et méthodologique contre le Hirak en affirmant que celui-ci n'est pas la volonté du peuple algérien, mais une manipulation des généraux.

La mission est confiée conjointement par les autorités françaises et les services Algériens à Kamel Daoud, écrivain et porte-parole du pouvoir et interlocuteur privilégié des médias français. Ça fait de la voix !

Toujours dans le même champ de tirs, il y a quelques jours dans une émission sur Canal Algérie, un intellectuel et professeur émérite des Universités a débrousaillé aussi dans ce sens. Il a attribué la paternité du Hirak à une réunion qui aurait eu lieu sous l’égide de la chaîne de télévision Al Magharibia dans son siège à Paris à laquelle auraient assisté le haut staff d'Al Magharibia, le président du RCD, Mohcine Belbas, Karim Tabbou, Zoubida Assoul, Ali Laskri, Djaballah des généraux à la retraite.

Il semble tenir ces informations d’après un post sur sa page facebook d’un professeur à l'école supérieure de science politique à Alger qui peaufine un livre sur le Hirak dans lequel il soutiendrait la thèse selon laquelle le Hirak est une manipulation des généraux.

Enfin, hier, l'honneur est revenu aux médias français de prendre le relais, car il faut aussi changer l'opinion des français sur le Hirak, vider la rue de son sens politique en pervertissant plus d’une année de mobilisation pacifique pour un changement radical en dehors du système en une aspiration à une liberté sexuelle.

Au lieu de parler de la nécessité de déconfinement de l’Algérie du système des généraux qui lui ont imposé un confinement politique, institutionnel, social, économique, culturel, sociétal, les médias français ont opté exclusivement pour l’angle sexuel.

Seul le déconfinement sexuel de la société Algérienne intéresse le réalisateur à travers son film sur le Hirak.

Il faut dire qu'il n'y a rien d'anodin dans le reportage diffusé hier sur France 5 dont l'objectif essentiel et exclusif est de vider le Hirak de sa substance révolutionnaire et de son objectif premier qui est "Yetnhaw Ga3" qui signifie changement radical en dehors du système actuel pour celles et ceux qui n'ont pas compris le sens.

En effet, ce reportage s'inscrit dans la batterie d'embuscades préparées dans les labos du pouvoir visant à discréditer le Hirak et le réduire à une aspiration à la liberté sexuelle de la jeunesse en particulier et de la société algériennes en général.

Le chargé de mission des services Mustapha Kessous en collaboration sans doute avec cette France-là s'est ainsi évertué à bricoler un reportage bidon dépourvu de toute réalité sociale afin de tenter de pervertir le Hirak en Hirak sexuel.

Cela vise à porter un coup à l'essence même du Hirak en ventilant une dynamique révolutionnaire en une aspiration de la jeunesse algérienne à des libertés individuelles.

Ce reportage fait ainsi écho à la révision de la Constitution où il semblerait que les experts du pouvoir ont cru trouver une issue de secours en concédant quelques libertés fondamentales que la loi et la police viendraient limiter ensuite, et reconfinement à nouveau.

Enfin, tout compte fait, il vaut mieux pour la France et les généraux de concéder quelques libertés fondamentales que subir un « Yetnhaw Ga3. » Mais quel que soit le temps que cela prendra, le peuple algérien saura organiser son déconfinement du système des généraux et bâtir une Algérie libre, plurielle et épanouie.

O.T

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